Le trésor et le coeur : deux choses qui n’en font qu’une

Dans la parabole du trésor caché dans le champ (Mt 13,44), Jésus révèle l’existence d’un trésor
dans notre terre intérieure, la terre de notre coeur : l’Esprit Saint, l’Agapé.

"Thaïs me livre un trésor, le plus pur, le plus convoité : l’Amour. Celui avec une majuscule".
Anne-Dauphine Julliand

A cause du péché, l’âme n’est plus "aimantée" par le trésor. Des séductions de toute sorte la maintiennent "hors sol", à la surface d’elle-même : besoin de reconnaissance, attachement aux personnes et aux biens matériels...

Jésus nous intime de veiller sur notre coeur Mc 13,17 afin qu’il demeure dans l’Amour,
qu’il repose en Dieu.

Au quotidien soyons attentifs à notre coeur : quelles sont les préoccupations qui l’assaillent ? Les biens
matériels peuvent-ils lui apporter une satisfaction durable ? Comment entretenir le feu qui
s’allume dans nos profondeurs lors de l’adoration ou de l’eucharistie ?

« Il faut que le cœur brûle du désir de rejoindre le bien précieux, c’est-à-dire le Royaume de Dieu
qui se fait présent dans la personne de Jésus. Il ne s’agit pas de mépriser le reste, mais de
le subordonner à Jésus, en Le mettant à la première place. » François, Angélus 30/7/17

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Pour effectuer ce "penchant vers l’intérieur", appuyons sur la grâce de Dieu : dans la prière, la contemplation de la nature, elle vient enflammer notre coeur au feu de Son Amour. Comme l’encre d’un bateau, cet Amour nous aidera à nous fixer dans nos profondeurs, loin de nos désirs inassouvis.

« Votre Bien-Aimé est le trésor caché dans le champ de votre âme, ce trésor pour l’acquisition duquel le sage marchand a sacrifié tous ses biens Mt 13,44. Il faudra donc pour le trouver, vous oublier entièrement vous-même, vous éloigner de toutes les créatures, et vous cacher dans la retraite intérieure de votre esprit. »

A force de rechercher l’Amour, de se laisser imprégner par Lui, l’âme coïncide avec le trésor. Rien ne peut séparer notre âme de l’Amour de Dieu.

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La perle d’un grand prix, c’est la ressemblance avec Dieu.

Pour acquérir cette perle, il faut vendre nos dons spirituels, nos consolations afin qu’ils soient donnés aux pauvres. Notre trésor ce ne sont pas nos biens spirituels, mais les âmes qui reçoivent notre charité, comme l’écrit sainte Thérèse : "Seigneur, vous le savez, je n’ai point d’autres trésors que les âmes qu’il vous a plu d’unir à la mienne". Ms C

Si la première parabole concerne la vie charnelle (attachement aux personnes, aux biens matériels, à la gloire...), la seconde porte sur les richesses spirituelles. Pour gagner une bataille (contre l’enfer ? Lc 14,33), Jésus nous demande de "renoncer à tous nos biens", de consentir à "l’enlèvement de l’Epoux" : plus le vide de l’âme sera long, plus son union avec Dieu sera intense.

« Il faut que l’âme sacrifie complètement sa première paix qui, étant enveloppée d’imperfections,
n’était pas une paix véritable. » (Jean de la Croix).

"Souffrons avec amertume, sans courage !… Sans tristesse est-ce que l’âme souffrirait !…
Et nous voudrions souffrir généreusement, grandement !… Quelle illusion !…" Thérèse de Lisieux

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Alors notre âme appartient à Dieu, elle est marquée de son sceau : l’agapè illumine le centre le plus profond de l’âme (virginité du coeur).

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"Jésus est un trésor caché, un bien inestimable que peu d’âmes savent trouver, car il est caché et le monde aime ce qui brille. Ah ! Si Jésus avait voulu se montrer à toutes les âmes avec ses dons ineffables, sans doute il n’en est pas une seule qui l’aurait dédaigné, mais il ne veut pas que nous l’aimions pour ses dons, c’est Lui-même qui doit être notre récompense. Pour trouver une chose cachée, il faut se cacher soi-même. Notre vie doit donc être un mystère ! Il nous faut ressembler à Jésus, à Jésus dont le visage était caché." LT 145