"De tout ton cœur, de toute ton âme..." mais d’abord me laisser aimer

Comment parvenir au véritable amour alors que nous sommes blessés, écorchés, rancuniers ? De blessés, nous blessons les autres. Histoire sans fin...

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Le fondement de l’amour, c’est que nous sommes aimés. Il y a un amour primordial au fondement de notre vie : Dieu nous aime le premier 1 Jn 4,19. Il proche des malades, non des bien-portants. Quand nous nous sentons misérables en amour, il redouble d’amour pour nous. Vais-je lui ouvrir la porte de mon cœur ? Me laisser aimer tel que je suis ?

"C’est la confiance et rien que la confiance qui doit nous conduire à l’Amour". Thérèse de Lisieux

Si nous lui faisons confiance, il nous transformera de l’intérieur. Les efforts que nous avons mis en place pour être aimables aux yeux de nos parents, les actions charitables que nous avons menées dans un but plus ou moins intéressé, ne seront plus essentiels. Au contraire, nous accepterons de lâcher prise à l’occasion d’une maladie, d’une déception, d’un échec. Si nous acceptons cette dépossession, l’Amour prendra plus de place en nous, il conduira notre agir, notre intelligence.

"Tu n’es pas loin du Royaume de Dieu" Mc 12,34 Le scribe comprend que l’Amour est central dans la Loi, mais il est mû par sa volonté (que dois-je faire... ?). Pour être disciple du Royaume, il lui reste à mettre de côté sa vertu, ses bonnes actions, et à s’abandonner à l’Amour comme le bois s’abandonne au feu - comme la fleur s’ouvre à la chaleur du soleil.

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Ainsi notre cœur reposera en Dieu et nous pourrons dire : « ce n’est plus moi qui aime... »

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Pour que l’Amour grandisse en nous, veillons sur notre coeur. A quoi aspire-t-il en profondeur : posséder ou être aimé ? Les nourritures terrestres peuvent-elles lui apporter un bonheur durable ? Où se trouve son trésor, le lieu de son repos ?

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"Et le second, qui lui est semblable". Le second commandement est semblable au premier
car c’est Jésus qui aime en nous.

Le fils aîné respecte les commandements de son père mais il n’agit pas en union avec lui. N’ayant pas ouvert son coeur à son Amour inconditionnel, il agit comme un serviteur. Il ne peut aimer comme son père, gratuitement et sans limite.

Le samaritain est le prochain de l’homme blessé car Jésus vit dans son coeur, aime en son coeur. Il laisse le Royaume s’approcher de ses ombres intérieures, de sa condition d’estropié. Dans cette communion de coeur à coeur avec Jésus, il "connaît" les autres. Comme l’écrit Benoît XVI, "l’âme se sent désormais inondée par l’amour divin. Elle connaît tout en Dieu."

Le péché originel représente peut-être une division du cœur : l’amour du prochain s’est dissocié de l’amour de Dieu. En nos cœurs se trouvaient une fontaine d’eau vive, capable de recevoir l’amour (de Dieu) et de le distribuer (aux autres) sans condition. L’arbre de la vie et l’arbre de la connaissance ne faisaient qu’un. Mais l’homme a voulu aimer sans être greffé sur la Vigne, sans vivre de la vie de Dieu, de son amour-agapè.

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"De ces deux commandements dépend toute la Loi".

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Dans le sermon sur la montagne, Jésus cite deux interdits constitutifs de la loi juive : le meurtre et l’adultère. Les scribes se comptaient pour des justes car ils n’avaient pas commis d’adultère. Mais Jésus regarde au-delà des apparences : notre cœur recèle des rancoeurs et des pulsions cachées ; dans notre coeur nous sommes incapables de vivre la chasteté et la non-violence. Ces pulsions sont profondément humaines et ne peuvent être effacées. Par contre, nous pouvons aider notre cœur à s’unifier en laissant le Royaume, le soleil de l’Amour du Père, s’approcher de nos ombres intérieures. Si nous consentons à être blessés à la hanche comme Jacob, nous verrons qu’il n’y a pas grande différence entre nous et les criminels. Nous pourrons même entrer en fraternité avec ceux qui nous ont blessés. Vaine serait la Loi qui ferait l’impasse sur ce retour au coeur, sur l’indulgence envers soi-même et envers les autres (aimer son prochain comme soi-même).

"Connaissez-vous un homme qui n’ait jamais regardé une femme avec convoitise ? Un seul ?
Je pense que tout homme normalement constitué est ou a été adultère par son regard."
Arnaud41 sur le forum de La Croix

Pour les Juifs, accomplir les commandements signifiait obtenir le salut. Jésus renverse cette logique : c’est l’Amour de Dieu qui sauve. Son Amour se répand comme un soleil sur tous les hommes, les mauvais comme les bons. Si je l’accueille, il pénétrera toutes les zones de mon être, lumineuses et ténébreuses.
Tout sera aimé, sauvé. Mais si je me ferme à Son Amour, je commets le péché contre l’Esprit Saint ; je m’exclus de la communion avec Dieu.

Jésus est venu "accomplir la loi" : il est proche des cœurs incapables d’accomplir la loi.
En le laissant aimer en nous, nous aimerons les autres comme il nous aime, de manière infinie et inconditionnelle.

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