"Allez, vous aussi, à ma vigne"

La vigne c’est l’agapè, l’Amour inconditionnel que Dieu porte à ses créatures. Travailler à la vigne c’est se laisser aimer et se laisser transformer par cet Amour. Quels que soient mon parcours et mes péchés, je peux m’ouvrir à son amour.

"Il répondit : "Oui, Seigneur !" et il n’y alla pas"

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Le deuxième fils respecte les commandements et fait de bonnes actions sans ouvrir son cœur au don de l’amour. Son action est vaine : « hors de moi, vous ne pouvez rien faire ». Il agit en serviteur, non comme un ami qui vit de l’amour de son Père. Quand ce dernier lui dit : "mon enfant, va travailler aujourd’hui à ma vigne", il répond : "Oui, Seigneur".

Le premier fils s’est éloigné de l’Amour de son père mais dans son infidélité il se souvient de son Amour. Il se laisse aimer. Comme un enfant il avance pas à pas avec Dieu, lui demandant son aide. C’est seulement après avoir accueilli son Amour gratuit qu’il se repend.

Le sarment doit être émondé

Les épreuves de la vie nous dépouillent de nos appuis spirituels, de nos consolations, de nos attachements humains. Si nous consentons à être pauvres en esprit, nous recevrons un « amour nouveau » dans nos profondeurs. Nous porterons un fruit qui demeure, la charité qui ne passera jamais.

"Je suis la vigne, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi, et en qui je demeure,
porte beaucoup de fruits". Jn 15,4

Il y a une lecture eschatologique de ce texte : les souffrances des premiers ouvriers
doivent enfanter ceux qui arriveront à la fin des temps. « Le Royaume nous sera enlevé » Mt 21,43
pour être confié à un peuple qui lui fera porter son fruit. Comme le jeune homme riche,
nous devons accepter de donner nos consolations, notre charité, à ceux qui n’ont pas connu
l’Amour de Dieu. Ainsi nous serons « pauvres pour les pauvres ».

Du père Christian Venard, aumônier militaire : "A la suite des saints, je suis persuadé
que le Seigneur épure nos coeurs. Nous sommes ses sarments, il nous taille, cela fait mal,
mais si nous acceptons nos souffrances, les âmes s’ouvrent autour de nous."

Le salaire c’est le cœur nouveau. Dieu nous revêt de sa ressemblance quand nous perdons
nos appuis, nos consolations comme à Cana : "Pour les hommes c’est impossible, mais pour Dieu tout est possible".

« Lorsque l’âme s’est fixée en Lui à de telles profondeurs, quand ses racines y sont ainsi prolongées,
la sève divine s’épanche à flots en elle. » Elisabeth de la Trinité

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Le vin nouveau c’est l’amour divin qui s’écoule dans les outres de notre cœur.
"Nous célébrerons ton amour plus que le vin" Ct 1,4

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L’eucharistie préfigure ce vin nouveau : la chair du Christ - son coeur de chair - est la nourriture de l’Amour qui vient combler notre coeur. Notre Amour et celui du Christ se fondent en un seul Amour.

« Si quelqu’un entend ma voix, et m’ouvre la porte, j’entrerai chez lui, et nous prendrons notre repas ensemble ». Ap 3,20

Dans cet Amour nous sommes unis les uns aux autres.

« Daigne m’unir à toi, Vigne Sainte et sacrée
Et mon faible rameau te donnera son fruit
Et je pourrai t’offrir une grappe dorée
Seigneur, dès aujourd’hui.
Cette grappe d’amour, dont les grains sont des âmes
Je n’ai pour la former que ce jour qui s’enfuit
Ah ! donne-moi, Jésus, d’un Apôtre les flammes
Rien que pour aujourd’hui. »
Thérèse de Lisieux, Rien que pour aujourd’hui