Avec le publicain, accueillir le Royaume comme un enfant

La pointe de la parabole du pharisien et du publicain est-elle l’aveu des péchés, comme on le dit souvent ?

"Ouvre ton coeur et laisse entrer la grâce du Seigneur. Le salut est un don,
et non une façon extérieure de se présenter."
François, tweet du 16/10/18

Le pharisien ferme son coeur. Il n’a pas besoin d’un sauveur.
Le publicain pourrait aussi être "enfermé en lui-même" s’il était persuadé de réciter une "bonne prière".

main_eau Le publicain vit l’esprit d’enfance que Jésus donne en exemple juste après : "Celui qui n’accueille pas le Royaume à la manière d’un enfant n’y entrera pas".

Pour le P. Xavier Nys : « l’amour de Dieu est donné. Donc ne cherchez pas à faire des efforts pour le mériter ; c’est quelque chose que l’on doit avant tout accueillir."

Ce n’est pas notre vertu qui nous sauve, mais notre "perméabilité" à l’Amour.

Et l’aveu des péchés ? Il découle de la rencontre avec l’Amour.

Le fils prodigue découvre le regard d’amour de son père et se laisse aimer. Dans cet amour, il avoue son péché sans peur ni honte.

Le publicain reconnaît son péché mais il ne verse pas dans une auto-accusation qui serait fermeture du coeur. Sous le regard d’amour du Père, tout est aimé, sauvé.

Loin d’un remords stérile, le fait de se frapper la poitrine représente peut-être
le brisement du coeur ps 50 de celui qui s’abandonne :
« Je n’ai pas pris un chemin de grandeurs ni de prodiges qui me dépassent.
Non, je tiens mon âme en paix et silence ; comme un petit enfant contre sa mère » ps 131

Si je lui fais confiance, cet Amour me "justifiera", il me fera goûter la tendresse du Père.
S’abaisser c’est laisser l’Amour agir en nous, prendre possession de notre coeur, de notre agir.

« Convertissez-vous car le royaume des cieux est tout proche »

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La conversion selon Jean le Baptiste a ses racines dans le cœur, le coeur qui se laisser toucher par la grâce (la Flamme d’amour apportée par le "nouvel Elie" Mt 17,12). Le repentir vient après : "Je vous baptise dans de l’eau en vue du repentir" Mt 3,11

Jésus reprend l’expression de son cousin en accomplissant la plénitude du Royaume : ce n’est plus à l’homme de s’approcher de Dieu, mais c’est l’Amour qui s’approche de l’homme, qui part à la recherche de la brebis perdue, du fils qui s’est détourné de lui. C’est par ta grâce que je peux m’approcher de toi.

Le salut commence aujourd’hui lorsque je me laisse aimer, écrit le pape François.

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Dans l’évangile de Jean, il est écrit explicitement que « Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au Jugement, celui qui ne veut pas croire est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu » (Jn 3, 17-18). Cela signifie alors que ce jugement dernier est déjà à l’œuvre, il commence maintenant, au cours de notre existence. Ce jugement est prononcé à chaque instant de la vie, comme réponse à notre accueil avec foi du salut du Christ présent et actif, ou bien de notre incrédulité, avec la fermeture sur nous-mêmes qui s’ensuit. Mais si nous nous fermons à l’amour de Jésus, c’est nous-mêmes qui nous condamnons. Le salut est de s’ouvrir à Jésus, et Lui nous sauve (...) C’est donc nous qui pouvons devenir, dans un certain sens, les juges de nous-mêmes, en nous auto-condamnant à l’exclusion de la communion avec Dieu et avec nos frères. (audience générale 11 décembre 2013)

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