Une "desperate housewife" découvre les feux de l’amour

Femme abandonnée
La vie de Thérèse fut marquée par les séparations : décès de sa mère lorsqu’elle a quatre ans,
départ de ses sœurs pour le Carmel, placement de son père en hôpital psychiatrique…
D’où une angoisse profonde doublée d’une sensibilité extrême. Une maladie psychique aiguë
se déclare à Pâques 1883 : « Je disais et je faisais des choses que je ne pensais pas ;
presque toujours je paraissais en délire, disant des paroles qui n’avaient pas de sens (…)
Je paraissais souvent évanouie, ne faisant plus le plus léger mouvement, alors je me serais
laissé faire tout ce qu’on aurait voulu, même tuer (…) »

Femme au bord de la crise de nerfs
Sa vie au carmel s’écoula dans la foi nue : « La sécheresse était mon pain quotidien » MsA, 73v.
« Ne croyez pas que je nage dans les consolations, oh non ! Ma consolation c’est de n’en pas avoir
sur terre » Ms B 1r. Ce sentiment d’abandon culmine avant sa mort, lorsque pendant dix-huit mois,
l’amour de Dieu la quitte. Dans cette désolation extrême, elle comprend de l’intérieur les non-croyants
et les appelle ses frères. Auprès de ces personnes, la carmélite veut être un flambeau, celui de
"la charité qui doit réjouir tous ceux qui sont dans la maison, sans excepter personne".

Femme amoureuse
Thérèse aspire à aimer et être aimée. Mais son désir se heurte à ses faiblesses, ses blessures :
« Comment une âme aussi imparfaite que la mienne peut-elle aspirer à posséder la plénitude de l’amour ? »