Avec le bon samaritain, laisser l’Amour agir en nous

"Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ?" demande le docteur de la Loi en ouverture de la parabole. Plus qu’une question de faire, Jésus lui répond que c’est l’être, la dynamique intérieure qui compte pour être le prochain d’un autre. Le samaritain ne prodigue pas de soin à l’homme blessé, il le confie à l’aubergiste. Mais il est « ému aux entrailles » devant son sort, bouleversé au plus intime de lui-même. Pour st Isaac le Syrien (VIIè s.), "la miséricorde est une flamme qui embrase le cœur".

Pour devenir une âme embrasée d’amour, laissons la Flamme du Royaume
s’approcher de nous.

Le samaritain connaît son impureté et mais il a confiance en l’Amour. Sa prière se fait écoute,
ouverture, abandon, comme celle de Marie donnée en exemple
juste après. Cet Amour est comme un baume répandu dans son humanité souffrante.

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Ce baume attendrit le coeur du samaritain. Se sachant aimé dans sa fragilité, il peut
s’approcher sans peur de l’homme blessé (aimer son prochain comme soi-même),
lui porter secours sans s’imposer, mais en laissant l’Amour agir en lui.

Le second commandement est semblable au premier car c’est Jésus qui aime en nous,
agit dans nos pauvretés. L’huile et le vin représentent l’onction d’Amour de Jésus
qui circule entre le coeur du samaritain et celui de l’homme à terre.

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Le prêtre et le légiste n’ont pas cette perméabilité à l’amour. Ils observent des règles
strictes de pureté afin d’être irréprochables devant Dieu. Ils sont loin de l’homme blessé
mais avant tout ils sont étrangers à eux-mêmes, coupés de leur humanité blessée.

Le scribe comprend que l’Amour est central dans la Loi mais il est mû par sa volonté
(que dois-je faire... ?). Pour être "plus proche" du Royaume, il doit mettre de côté sa vertu
et se laisser aimer pour ce qu’il est, dans sa fragilité. Si nous nous abandonnons à Lui,
l’Amour sera "tout en tous", "tout" en notre âme 1Co 15,28. Notre âme sera née d’eau et d’esprit.
Offrir des animaux en holocauste (Mc 12,35) n’est plus nécessaire car c’est désormais
l’âme qui se laisse transformer.

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« Je suis venu en ce monde pour une remise en question : pour que ceux qui ne voient pas puissent voir, et ceux qui voient deviennent aveugles. » Jn 9, 40

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Dans l’homme qui perd son sang, le prêtre voit un homme impur. Jésus nous demande de couper notre œil Mc 5,29, celui qui juge, qui codifie le réel. De couper notre main, celle qui accumule les bons points pour obtenir la vie éternelle. Quand bien bien nous aurions perdu une main, un pied comme Jacob, il nous resterait un coeur perméable à l’amour, un coeur nouveau, illuminé dans ses profondeurs.

Voir avec les yeux du coeur c’est déceler un trésor en chaque homme, voir au-delà des apparences ; reconnaître notre fragilité commune. Pensons à la manière dont Jésus regarde Zachée, Nathanaël, Mathieu, le jeune homme riche, la femme adultère... Jésus guérit l’aveugle Jn 9,40 mais avant tout il sème l’amour dans son cœur. Peut-être aussi dans le cœur des pharisiens qui cherchent la polémique. Ainsi la blessure du péché originel est réparée : la porte du Royaume peut s’ouvrir ; le coeur profond - les yeux du coeur - s’illuminer.

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