Laisser pousser notre ivraie avec ste Thérèse

« Experte en humanité », Thérèse de Lisieux recommande d’accueillir avec bienveillance les dynamismes de notre corps et de notre psychologie. Ainsi les tentations contre la pureté ne doivent pas être craintes.

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"C’est étonnant comme les âmes perdent facilement la paix à propos de cette vertu [la chasteté] ! Le démon ne l’ignore pas : c’est pourquoi il les tourmente tant à ce sujet. Et pourtant, il n’y a pas de tentation moins dangereuse que celle-là. Le moyen de s’en délivrer, c’est de les regarder avec calme, ne pas s’en étonner, encore moins les craindre. Habituellement, à la première attaque, on s’épouvante, on croit tout perdu : c’est justement de cette peur, de ce découragement dont le diable se sert pour faire tomber les âmes. Pourtant, soyez sûre qu’une tentation d’orgueil est bien plus dangereuse - et le bon Dieu bien plus offensé quand on y succombe - que lorsqu’on fait une faute, même grave, contre la pureté, car Il a égard à la fragilité de notre nature pervertie, tandis que pour une faute d’orgueil il n’y a pas d’excuse."
(Pierre Descouvemont, Sœur Marie de la Trinité, une novice de sainte Thérèse, Cerf, p.115-116)

La "petite voie" de Thérèse est celle de la confiance en l’Amour. Dans mes défaillances,
mes fragilités, je peux me laisser aimer. Ne laissons pas la voix de la peur entraîner notre chute
- nous éloigner de l’Amour.

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Ne pas refouler nos pensées ambiguës, les dynamismes de notre corps, mais les exposer au Soleil de l’Amour. Progressivement nous nous acheminerons vers l’unification de notre être, l’intégration de nos forces dans l’Amour.

"Remarquez la méthode employée pour faire briller les cuivres : on les enduit de boue, de matières qui les rendent ternes et les salissent ; avec cela, on les frotte vigoureusement, et puis, ils resplendissent comme l’or. Les tentations sont comme cette boue pour l’âme, elles ne servent qu’à faire briller en elle les vertus opposées à ces mêmes tentations. (Conseils à Sr Marie de la Trinité)".

Le diable, c’est celui qui divise (diabolos en grec). Il sème l’ivraie, c’est-à-dire la division (dans l’évangile en grec, le terme employé est zizania, qui a donné zizanie en français).
Il nous fait porter des jugements hâtifs. Il nous empêche de voir le bien à l’œuvre
(en nous et chez les autres). Ne laissons pas le diabolos avoir prise sur nous, essayons
d’avoir un regard qui cherche à faire l’unité entre les forces qui nous habitent et qui régissent le monde.

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Selon les Pères de l’Eglise, écrit Simone Pacot, "le combat spirituel est un combat
avec et en Dieu pour permettre à la lumière du Christ de pénétrer dans
les obscurités du monde
 ; et en premier lieu dans les obscurités qui se trouvent
en tout être humain". (Reviens à la vie, Cerf, p.195-198).

C’est ce combat que Jacob a vécu avant d’entrer en Canaan (terre promise) :
lui qui recourrait à des combines pour obtenir la bénédiction divine, pour avoir
une image idéale, succombe à l’action de l’ange. Ce personnage mystérieux
ne serait-il pas la Flamme d’amour qui souhaite faire tomber nos défenses, nos masques de protection ?

"C’est donc que le Royaume est arrivé jusqu’à vous" Mt 11,20" : Jésus expulse les démons en les laissant s’exprimer, advenir dans sa Lumière alors qu’ils préfèrent se dissimuler. Nous aussi, nous devons laisser son Amour pénétrer les différentes zones de notre être, de notre psychisme. Progressivement seront mis en lumière nos secrets, nos fragilités et nous nous acheminerons vers la guérison de notre coeur, son unification dans l’Amour.