"Il répondit : "Oui, Seigneur !" et il n’y alla pas"

Travailler à la vigne, c’est laisser la sève de l’Amour couler en nos coeurs. Le deuxième fils n’a pas cette intimité avec son père. Quand ce dernier lui dit : "mon enfant, va travailler aujourd’hui à ma vigne", il répond : "Oui, Seigneur".

Un oui prononcé du bout des lèvres n’est pas suffisant. Le coeur doit être engagé :
« Ce peuple m’honore des lèvres mais son cœur est loin de moi » Mt 14,8

Suivre Jésus avec le coeur, c’est briser son cœur dans une attitude de confiance :
reconnaître que nous ne pouvons rien par nous-mêmes et laisser l’Amour agir en nos coeurs.

main_eau Le fils qui a désobéi n’a aucun mérite à faire valoir. Mais il fait confiance à l’Amour. Il sait que son Père l’attend avec un cœur rempli d’amour. Dans cet Amour il reconnaît son péché sans peur ni honte. Dans cet Amour il peut agir comme un fils, un ami, en se laissant conduire par l’Esprit. C’est par ta grâce que je peux m’approcher de toi.

"S’étant repenti, il y alla"

Jésus n’encourage pas le péché. Mais au moyen de paraboles
il souligne les limites d’une vie spirituelle qui ne serait que suivi de préceptes religieux
ou conformité à une morale. Le fils aîné est un serviteur. Par peur ou par orgueil,
il ne laisse pas la grâce couler en son coeur, prendre l’initiative dans sa vie. Comme Charles Péguy
disait des bons paroissiens de son temps : « Les honnêtes gens ne mouillent pas à la grâce. »

"Les prostituées vous précèdent dans le Royaume" : elles se sont repenti, ont brisé leur esprit dans un abandon total à l’Amour.

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Cet Amour donne la vie. Le fils qui s’était coupé de l’Amour de son Père est revenu à la vie Lc 15,24. Il est greffé sur la vigne de l’Amour et porte un fruit qui demeure : la charité. Inversement, le fils vertueux et autosuffisant agit sous l’emprise de la chair Rm 8,10. Son âme est fermée à l’amour, à la vie. Comme Lazare il est mort spirituellement.

Cette parabole nous rappelle que tous les hommes sont invités à travailler à la vigne, à se laisser aimer par Dieu.

Le pape François n’a de cesse de le répéter : « le salut n’est pas mérité, mais donné » 24/9/17

« Dieu aime en premier. Dieu ne nous aime pas parce qu’il y a en nous une quelconque raison
qui puisse susciter l’amour. Son amour est inconditionnel » 24/6/17

Les derniers ouvriers reçoivent le même salaire que les premiers car "le propre de l’Amour est de s’abaisser" (sainte Thérèse).

De Simone Weil : "Dans les paraboles de l’évangile, c’est Dieu qui cherche l’homme (..)
Nulle part il n’est question d’une recherche entreprise par l’homme. L’homme ne fait pas
un pas à moins d’être poussé ou bien expressément appelé ». Attente de Dieu, p149-150

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