Avec le jeune homme riche, retrouver l’esprit d’enfance

« Que dois-je faire... ? » Le jeune homme qui interpelle Jésus veut être saint. Au service de cette ambition il mobilise sa piété, sa vertu, son agir.

Jésus bouscule ses plans. La vie éternelle n’est pas à conquérir mais à recevoir.
La vie éternelle commence aujourd’hui lorsque je me laisse aimer.

main_eau Jésus pose son regard sur lui, un regard qui signifie : Tu n’as pas besoin d’être parfait pour que je t’aime. Laisse-toi aimer par moi à cet instant. Laisse mon amour te dépouiller de tes fausses sécurités.

Mais le jeune homme s’accroche à ses biens - sa vertu, son idéal. Oui, il est plus sécurisant de garder le contrôle de notre vie spirituelle que d’ouvrir les mains au don de l’Amour. « La gratuité est si grande qu’elle fait peur », affirme François.

Face à Lazare (« Dieu sauve »), le riche fonctionne aussi en circuit fermé. L’enfer c’est l’homme enfermé en lui-même, l’âme qui n’est pas perméable à l’Amour.

Si vous ne devenez pas comme des enfants...

L’enfant se sait imparfait mais il a confiance en l’Amour. Il sait que son Père continue à l’aimer
dans ses défaillances. Est petit celui qui met sa confiance dans cet Amour inconditionnel,
non dans sa vertu.

Pour entrer dans le Royaume - recevoir la Flamme d’amour dans nos profondeurs,
nous devons vendre nos richesses, renoncer à nos points d’appui et mettre notre
confiance en Dieu seul.

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Le jugement de Jésus, dont parle la deuxième lecture (He 4,12-13), s’effectue précisément
dans ce regard d’amour. Si je l’accueille, il me pénètrera jusque dans les zones les plus obscures
de mon être, de mes pensées. Tout sera aimé, sauvé. Cet Amour m’ouvrira les portes de la Vie :
"la vie éternelle c’est qu’ils te connaissent" Jn 17,3.

Suivre Jésus en mission, c’est dépendre du Père et de nos frères.

Vivre une amitié entre pauvres à l’image du film Intouchables. Vivre une réciprocité
dans nos rencontres comme Jésus - avec Zachée, la Samaritaine...

Oui, le Royaume commence dès maintenant lorsque nous quittons notre clan mais aussi nos valeurs,
pour vivre le mouvement de la fraternité :

« Nul n’aura laissé maison, frères, sœurs, mère, père, enfants ou champs...
qui ne reçoive le centuple dès maintenant, au temps présent (…) et dans le monde
à venir, la vie éternelle ». Mc 10, 29-30

Telle fut la condition d’Abraham. "Un pèlerin est une personne qui se fait pauvre, qui se met en marche... Nous ne pouvons pas nous limiter à rester fermés, sûrs de nos convictions. Devant le mystère de Dieu, nous sommes tous pauvres... Dans notre pèlerinage terrestre, nous ne sommes pas seuls : nous croisons le chemin d’autres frères, parfois nous partageons avec eux un bout de chemin. (discours à Jérusalem, 26 mai 2014).

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"Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement."

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De Jésus à Van : "Par cette expression « vendez », je veux dire qu’il faut tout offrir à la Trinité, et après avoir tout offert, consentir à tout donner en aumône aux âmes, sans rien se réserver. Il suffit que tu offres sans cesse à l’Amour toutes les grâces reçues, toutes tes œuvres, toutes tes respirations, tout ce que tu fais par amour pour moi, afin que l’Amour le distribue aux âmes. C’est là la vraie pauvreté de cœur, la vraie pauvreté que j’ai moi-même pratiquée. De ma naissance à ma mort, mes moindres actions - fût-ce même un soupir -, j’en ai volontiers donné tout le mérite aux âmes. Si une âme avait l’intention de se réserver quelque chose, il est certain qu’elle ne pourrait pas me suivre, car tôt ou tard, l’orgueil naîtrait dans son cœur » (L’amour me connaît, P. Marie-Michel, page 190-200)

Cet homme fait des choses pour Dieu, mais l’aime-t-il ?

"Jésus n’a pas besoin de nos oeuvres, mais seulement de notre amour", écrit ste Thérèse.

Dans la tradition carmélitaine, l’abandon est la perfection de l’Amour :

"Aimer c’est tout donner et se donner (=livrer) soi-même".

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