Jeune homme riche : la vie éternelle commence aujourd’hui

« Que dois-je faire pour avoir la vie éternelle... ? » L’homme qui interpelle Jésus est un juif scrupuleux, il observe la Loi depuis sa jeunesse. Jésus commence par adopter sa manière de penser : il énumère les commandements. Pourtant, très vite, il provoque un déplacement chez son interlocuteur. En posant son regard sur lui, un regard plein d’amour, Jésus l’appelle à se laisser aimer. Ce n’est pas la perfection morale qui fait la sainteté, mais le coeur qui s’ouvre à l’Amour.

La vie éternelle commence dès maintenant lorsque je me laisse aimer tel que je suis.

Celui qui voulait gagner la vie éternelle par sa vertu, ses bonnes actions, doit commencer par ouvrir les mains.

Et si nous acceptions de nous présenter à Jésus tels que nous sommes,
avec nos manques, nos limites et nos faiblesses, en ne doutant pas qu’il saura
toujours nous accueillir comme nous sommes, et non pas comme nous rêverions d’être ?

C’est à partir de cet amour gratuit, reçu avec confiance et humilité, que je vais mettre en pratique
les commandements : "Lorsque je suis charitable, c’est Jésus seul qui agit en moi" Thérèse de Lisieux.

"Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses"
= "Si vous ne devenez pas comme des enfants"

Entrer dans le Royaume c’est retrouver la condition vulnérable de l’enfant : "l’homme ancien" doit disparaître, celui qui se repose sur sa vertu, ses oeuvres d’Eglise, afin de recevoir un "amour nouveau" dans ses profondeurs. Jésus est le pauvre par excellence, il reçoit la bonté de son Père : "Dieu seul est bon".

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Jésus a expliqué à Van que les biens du jeune homme riche étaient spirituels :

"Par cette expression « vendez », je veux dire qu’il faut tout offrir à la Trinité, et après avoir tout offert, consentir à tout donner en aumône aux âmes, sans rien se réserver. Si une âme avait l’intention de se réserver quelque chose, il est certain qu’elle ne pourrait pas me suivre, car tôt ou tard, l’orgueil naîtrait dans son cœur (…) Il suffit que tu offres sans cesse à l’Amour toutes les grâces reçues, toutes tes œuvres, toutes tes respirations, tout ce que tu fais par amour pour moi, afin que l’Amour le distribue aux âmes. C’est là la vraie pauvreté de cœur, la vraie pauvreté que j’ai moi-même pratiquée. De ma naissance à ma mort, mes moindres actions - fût-ce même un soupir -, j’en ai volontiers donné tout le mérite aux âmes. » (L’amour me connaît, P. Marie-Michel, page 190-200)

"Pour les hommes, c’est impossible..."

Celui se laisse dépouiller par les épreuves réalise pleinement sa vocation de fils :
ne pouvant s’appuyer sur sa vertu, il s’abandonne comme un enfant. Il est aussi pleinement frère  :
il accepte que ses biens spirituels soient donnés aux pauvres, car il ne veut pas obtenir
la vie éternelle pour lui seul mais aussi pour les autres : Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement.

Le jeune homme ne rentre pas dans ce cas de figure. Il préfère garder le contrôle de sa vie spirituelle
(que dois-je faire ?), se sécuriser avec le "culte extérieur", que d’abandonner son coeur à l’Amour,
à ce regard d’Amour.

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Le jugement de Jésus, dont parle la deuxième lecture (He 4,12-13), s’effectue précisément
dans ce regard d’amour. Si je l’accueille, il me pénètrera jusque dans les zones les plus obscures
de mon être, de mes pensées. Tout sera aimé, sauvé. Mais si je refuse de m’ouvrir, je m’exclus
de la communion avec Dieu.

« Le manque d’amour est la plus grande pauvreté » Mère Teresa

Nos consolations sont destinées aux pauvres, à ceux qui ne connaissent pas l’amour de Dieu. En proie à une terrible nuit pendant 18 mois, sainte Thérèse pressent que cette épreuve est permise par le Seigneur afin "que tous ceux qui ne sont point éclairés du flambeau de la charité le voient luire enfin".

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« Au soir de cette vie, je paraîtrai devant Dieu les mains vides »  : dans ce dépouillement extrême, la carmélite tient les mains des incroyants, elle entre en fraternité avec des hommes que la mentalité de son époque prenait pour des parias.

Pauvres en mission

Suivre Jésus, c’est partir vers les autres en ayant soif de leur amour, comme Jésus avec la Samaritaine.

Oui, le Royaume commence dès maintenant lorsque nous quittons notre clan mais aussi nos valeurs, pour reconnaître les germes de bonté dans la vie des hommes et vivre le mouvement de la fraternité. « Nul n’aura laissé maison, frères, sœurs, mère, père, enfants ou champs... qui ne reçoive le centuple dès maintenant , au temps présent (…) et dans le monde à venir, la vie éternelle ». Mc 10, 29-30

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