Le baptême sur la croix : fils, frère et mère

"Il est un baptême dont je dois être baptisé, et combien il me tarde qu’il soit accompli !" Jn 12,50

"La coupe que je vais boire, vous y boirez ; et le baptême dans lequel je vais être plongé, vous le recevrez" Mc 10,39

Le baptême de Jésus s’accomplit lors de sa Passion. Sur la croix, Jésus est pleinement fils.

"Père, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux"

"Père, entre tes mains, je remets mon esprit"

Puisque la souffrance est une expérience universelle, nous pouvons penser qu’elle est un "baptême",
un lieu de communion avec le Père pour tout homme, quelles que soient ses convictions religieuses.

De Dietrich Bonhoeffer : "Ce n’est pas l’acte religieux qui fait le chrétien, mais sa participation
à la souffrance de Dieu dans la vie du monde" - .

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Sur la croix, Jésus est pleinement frère.

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"Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font".

D’André Comte-Sponville :
"Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné : C’est l’expression d’une détresse toute humaine, par quoi Jésus est notre frère vraiment : parce qu’il partage notre misère, notre souffrance, notre angoisse".

Jésus n’est pas l’élu de Dieu, celui qui est privilégié. Les grands saints comme Thérèse de Lisieux ont connu cette déréliction extrême dans laquelle les masques tombent, les sécurités de la foi s’envolent. Rien ne les distingue des autres hommes.

Plus Jésus est frère, plus il est fils. C’est par l’expérience de la fraternité qu’il connaît son Père. Sa mission de rassembler les hommes en une seule famille doit aller jusqu’aux "périphéries" et inclure les non croyants, les pécheurs.

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La croix est le lieu de la fécondité

Dans l’abandon de Jésus, les hommes reçoivent la vie. Ceux qui accueillent son Esprit, qui se laissent aimer comme le bon larron, deviennent ses frères. La croix est vraiment le lieu du plus grand amour.

Jésus à Van : « Je t’ai choisi pour être la mère des âmes ; or c’est à force de souffrances que la mère parvient à faire de ses enfants des personnes de valeur. »

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"Celui qui fait la volonté de Dieu est pour moi un frère, une soeur, une mère." Mc 3,35

Faire la volonté de Jésus est plus qu’une imitation : c’est vivre de sa vie, aimer comme lui,
pardonner comme lui. Mais pour que le "vin nouveau" qui est la vie même de Jésus s’écoule en nos coeurs,
il nous faut être émondés, dépouillés de nos consolations, de nos attachements humains.

C’est l’expérience de Marie : Marie n’est pas seulement la mère de Jésus parce qu’elle lui a donné la vie,
ni même parce qu’elle a dit oui à l’ange, mais parce qu’elle a eu son coeur transpercé par un glaive.

A la suite de Marie, nous avons pour vocation de concevoir Jésus en notre coeur,
d’être "une mère" pour lui. Pour cela, il importe d’ouvrir notre coeur à son Amour,
de nous abandonner à lui, de vivre nos souffrances avec le coeur.

Jésus dit à sa mère : "Femme, voici ton fils". Puis il dit au disciple : "Homme, voici ta mère"

Le terme général "homme" représente toute l’humanité. Marie est la mère de tous les hommes, de l’humanité souffrante en particulier. "Tous mes vrais enfants doivent souffrir", a-t-elle confié à Van (L’amour me connaît, p.148).

Marie réalise l’annonce de la Genèse : elle est la mère de tous les vivants. C’est sur la croix que s’accomplit cette unité. Dans le coeur transpercé de Marie, tous les hommes sont frères.