Le règne de la vulnérabilité de l’Amour

Jésus inaugure le Royaume de l’Amour en ayant soif de notre amour.

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De Thérèse de Lisieux : « [Jésus] n’a pas craint de mendier un peu d’eau à la Samaritaine. Il avait soif… Mais en disant : « Donne-moi à boire », c’était l’amour de sa pauvre créature que le Créateur de l’univers réclamait. Il avait soif d’amour…"

"J’ai reçu la grâce de comprendre plus que jamais combien Jésus désire être aimé (…) Jésus n’a pas besoin de nos œuvres, mais seulement de notre amour. "

"Il se fait pauvre afin que nous puissions lui faire la charité. Il nous tend la main comme un mendiant... C’est lui qui veut notre amour, qui le mendie. Il se met pour ainsi dire à notre merci." (LT 145)

Jésus est "frère mineur" comme François d’Assise ; il dépend des autres. Avant de laver les pieds des 12, il laisse une femme accomplir ce geste sur lui ;
il signifie ainsi que recevoir est plus important que donner. Il demande l’hospitalité à Zachée.
Il s’émerveille de l’amour qui anime la Cananéenne et le centurion romain qui le sollicitent
pour des guérisons. La résurrection n’y change rien : en demandant par trois fois
à Pierre "M’aimes-tu ?", Jésus demeure ce mendiant d’amour.

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A travers sa soif Jésus donne la vie. Jésus a faim d’amour et le pain de l’amour se répand dans le cœur des foules sans berger. Si tu savais le don de Dieu... Auprès de lui chacun peut se sentir aimé, libéré de l’esclavage de la peur et de la honte. Qui vient à moi n’aura plus jamais faim...

Ceux qui vivent de sa vie ne sont pas les religieux bien-pensants du judaïsme ; mais Mathieu le collecteur d’impôts, la femme pécheresse qui a cru en la gratuité de l’Amour, le bon larron... Le bon berger va à la rencontre de la brebis perdue qui attend tout de Dieu, et délaisse celles qui sont pétries d’autosuffisance.

Miracles et conversions sont rendus possibles par son anéantissement :
"il a pris sur lui nos infirmités et s’est chargé de nos maladies" Mt 17,1
.

"Dieu se laisse déloger du monde et clouer sur la croix. Dieu est impuissant et faible dans le monde, et ainsi seulement il est avec nous et nous aide. Il est manifeste d’après Mt 8,17 que le Christ ne nous aide pas
par sa toute puissance, mais par sa faiblesse et sa souffrance !" (D. Bonhoeffer, 16 juillet 1944)

A la suite de Jésus, nous sommes invités à vivre la désolation spirituelle, la soif d’amour :
"Il s’est fait pauvre pour nous enrichir par sa pauvreté" 2 Co 8,9.

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"A mesure que je gagne quelque trésor spirituel, sentant qu’au même instant des âmes sont
en danger de se perdre, je leur donne tout ce que je possède."

"Rien ne me tient aux mains. Tout ce que j’ai, tout ce que je gagne, c’est pour l’Eglise et les âmes.
Que je vive jusqu’à quatre-vingts ans, je serai toujours aussi pauvre."

« Mon Royaume n’est pas de ce monde » Jn 18,36

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Jésus ne s’est pas dérobé devant la souffrance, les humiliations. "Si mon royaume était de ce monde, mes gens auraient combattu pour que je ne sois pas livré aux Juifs".

« Toute sa vie, il n’a fait que descendre, descendre en s’incarnant, descendre en se faisant petit enfant, descendre en obéissant, descendre en se faisant pauvre, délaissé, exilé, persécuté, supplicié, en se mettant toujours à la dernière place. » Charles de Foucauld

« Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis » : le « maintenant » du Royaume est celui de la croix et de la fraternité avec tous les hommes, à travers une relation de dépendance.

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