L’unité dans la diversité

Jésus a prié pour l’unité entre les hommes, Marthe Robin a dit que la nouvelle Pentecôte conduirait à « l’union des cœurs et l’unité des peuples ». L’unité, est-ce la suppression des différences ?

Dans son testament, Christian de Chergé écrit que « la joie secrète de l’Esprit sera toujours d’établir la communion en jouant avec les différences ». Autrement dit, l’Esprit réalise l’unité en créant de la différence et en jouant avec les différences.

Souvenons-nous de l’épisode de la tour de Babel : tout le monde parlait la même langue et participait à un unique projet. A la Pentecôte, au contraire, les apôtres reçoivent le don d’annoncer les merveilles de Dieu dans la langue de tous ceux qui sont à Jérusalem. Les différences sont préservées.

Et la deuxième Pentecôte ? Loin de l’esprit conquérant, une Eglise "pauvre pour les pauvres" accueille
les différents points de vue qui s’expriment dans la société. Mineur comme st François

"Les murs qui nous divisent ne peuvent être surmontés que si nous sommes
prêts à nous écouter et à apprendre les uns des autres. La culture de la
rencontre exige que nous soyons disposés non seulement à donner, mais
aussi à recevoir des autres". Pape François, Journée mondiale de la communication, 2014

"Il faut laisser son bagage, aller vers l’autre comme un enfant. S’effacer pour
laisser chacun exister tel qu’il est". Philippe Pozzo di Borgo, Intouchables

"Pour entrer en vérité en dialogue, il nous faudra accepter, au nom du Christ,
que l’islam ait quelque chose à nous dire de la part du Christ". Christian de Chergé

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Heureux les pauvres de coeur, le Royaume est à eux

Heureux ceux qui vont vers les autres les mains vides, ils peuvent accueillir leurs richesses
et vivre le Royaume de la fraternité.

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Telle fut la condition d’Abraham, selon le pape François. "Un pèlerin est une personne qui se fait pauvre, qui se met en marche... Nous ne pouvons pas nous limiter à rester fermés, sûrs de nos convictions. Devant le mystère de Dieu, nous sommes tous pauvres... Dans notre pèlerinage terrestre, nous ne sommes pas seuls : nous croisons le chemin d’autres frères, parfois nous partageons avec eux un bout de chemin. (discours à Jérusalem, 26 mai 2014).

Jésus a vécu ses rencontres dans l’humilité. Il s’enrichit des autres, s’émerveille de leur foi. Même quand il s’agit de païens (samaritaine, syro-phénicienne, centurion romain).

Dans ces différences, l’Esprit Saint se révèle. Eloi Leclerc écrit que la rencontre de François d’Assise avec le sultan « introduisit dans le système clos de la chrétienté, la blessure de la relation à l’autre ». De cette blessure, de cette béance, jaillit l’eau de l’Esprit. Cette blessure est particulièrement vive aujourd’hui ; dans les familles, par exemple, il y a des styles de vie conjugale très différents.

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