Parabole du festin : "A la fin, mon Coeur Immaculé triomphera"

Un roi organise un banquet pour ses noces Lc 14,15-24. Cette invitation n’est pas spécifique à la fin des temps, mais elle concerne chaque instant de notre vie : "es-tu prêt à m’ouvrir ton coeur, à te laisser aimer par moi ? A recevoir le Royaume comme un enfant ?".

Les portes du roi sont ouvertes, mais les invités se dérobent.

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Leur coeur se laisse séduire par le travail, le besoin de reconnaissance. L’invité qui vient de se marier a un amour préférentiel pour sa famille. Dans cette parabole, Jésus nous demande de le mettre à la première place dans nos coeurs. Cela veut dire rechercher, accueillir son Amour comme un trésor qui va réchauffer progressivement notre coeur.

Peut-être que ces personnes font des efforts pour gagner l’amour de Dieu. Ils s’investissent dans le travail et la vie de famille pour montrer qu’ils sont de "bons chrétiens". Pour le pape François, les invités qui se dérobent ont « peur de la gratuité de Dieu : elle est si grande qu’elle fait peur » (homélie du 5/11/14). Refusant de se présenter devant Dieu "les mains vides", comme Thérèse de Lisieux, ils mettent leur confiance dans leur vertu.

La première invitation s’adresse à l’Eglise, aux chrétiens fidèles. Blessé par leur insouciance, le Seigneur convoque des "estropiés" : c’est le temps du Royaume.

Ils ont une vie cabossée, comme le bon larron. Mais ils ont confiance : leur cœur est ouvert et disponible. Et si nous acceptions de nous présenter à Jésus tels que nous sommes, avec nos manques, nos limites et nos faiblesses, en ne doutant pas qu’il nous saura toujours nous accueillir comme nous sommes, et non pas comme nous rêverions d’être ?

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Le vêtement de noces symbolise le salut qui est un don. Ce vêtement est remis par le père
au fils qui s’est détourné de lui - Lc 15,22
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Le fils cadet ne peut se prévaloir d’aucun mérite, mais il a foi dans l’amour de son père et s’en remet à lui, comme un enfant, et se repent. Alors le Père le revêt de sa ressemblance qui est une union intime avec lui. Le vêtement de noces représente le « cœur nouveau », le coeur du Fils qui aime en nous. "Beaucoup viendront de l’Orient de de l’Occident prendre part au festin du Royaume... Mais les fils du Royaume seront jetés dehors". Mt 8,11

Les fils du Royaume seront jetés dehors... mais le roi les invite à son festin car il veut que "tous les hommes soient sauvés" 1Ti 2,4. Il ne peut se résoudre à ce que des âmes soient perdues pour toujours, dans les "pleurs et les grincements de dents". Mais le Royaume n’est pas la passivité, l’homme doit s’engager lorsque le roi l’invite. Las, il reste muet. Il aurait pu dire : « j’ai confiance en ton amour » ou « chasse de mon cœur toute crainte ». Par orgueil ou par peur, il se ferme à l’Amour et ce faisant, se condamne lui-même. Dans cette parabole, ce n’est pas la sévérité du maître qui est pointée, mais la responsabilité des hommes : ce sont eux qui s’auto excluent en raison de leur insouciance
ou de leur manque de confiance.

"Le péché contre l’Esprit est le seul qui ne sera pas pardonné, ni en ce monde ni en l’autre". Mt 12,31 

Se convertir "dans ce monde" c’est accueillir l’Amour dans nos fragilités, s’abandonner à cet Amour comme
les deux premiers serviteurs des talents. Ainsi notre âme "appartiendra" à Dieu 1 Co 15,23.
Si nous n’avons pas assez d’amour pour figurer au nombre des vierges sages, nous serons dispersés dans
"les demeures dans la maison du Père" Jn 14,2, là où Jésus nous a préparé une place Jn 14,3.
Là, nous pouvons penser que le Royaume grandira en nous : "celui qui a, recevra encore" Mt 25,22.
« Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire » Jn 6,44. Des éléments
peuvent retarder cette « amorisation » : le refus du pardon Mt 6,15 ; les miracles qui ont
détourné les élus de leur intériorité Mt 7,22 – Mt 24,24 ; la jalousie devant le sort fait
aux ouvriers de la dernière heure Mt 20,1-16.

Ceux qui n’ont pas obtenu "dans ce monde" la vision du coeur seront jetés dehors, comme le 3ème serviteur. Leur douleur sera intense.

"A la fin, mon Coeur Immaculé triomphera"

L’annonce de Marie à Fatima semble signifier qu’à la fin du monde, de "l’autre monde",
le coeur de tous les hommes resplendira de l’Amour de Dieu, la peur sera vaincue :

« l’amour parfait chasse la crainte » 1 Jn 4,18