Marche sur les eaux : laisser Jésus venir à moi dans la nuit de la foi

La nuit, la mer, le vent... Ce décor pourrait symboliser la nuit de la foi telle que Jean de la Croix l’a présentée.

Un autre élément vient appuyer cette interprétation : dans la nuit de la foi, je ne peux plus aller vers Dieu. C’est lui qui va se révéler à moi, se manifester à moi.

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“L’âme doit bien savoir ceci : elle a beau ne pas sentir qu’elle marche, elle avance beaucoup plus que si elle mettait ses pieds en mouvement, parce que c’est alors Dieu Lui-même qui la porte dans ses bras. Si elle ne s’aperçoit pas des pas qu’elle fait, c’est que Dieu marche et non pas elle. Dieu opère en silence. Que l’âme s’abandonne entre les mains de Dieu et se confie en Lui”. Jean de la Croix VF B 3,28

Pour Jean de la Croix, la première étape de la vie spirituelle est celle dans laquelle l’homme est actif : comblé de consolations, le fidèle cherche à communiquer sa foi par une abondance de paroles. Dieu se fait présent à nous de manière sensible, comme l’ouragan de la première lecture.

Mais, à un moment donné, nous "n’entendrons" plus Dieu de cette manière. Dieu se trouve désormais dans la brise légère (la traduction littérale de l’hébreu est "un bruit de fin silence").

Il importe alors de renoncer à chercher Dieu par notre prière, notre sensibilité, et d’accepter le vide. Après un certain temps au désert, nous sentirons vivre notre "centre intérieur". Dieu "parle" dans le silence du coeur (Os 2,16) en infusant un amour très élevé.

"Au début cet amour ne se sent pas : on n’éprouve que la sécheresse et le vide." NO I 11 2

Mais la nature a horreur du vide... Nous reprenons l’initiative, comme Pierre qui entreprend
de marcher vers Jésus.

"Sachons-le bien ; Si l’âme cherche son Dieu, son Bien-Aimé la cherche avec infiniment
plus d’ardeur. C’est Dieu qui, dans cette recherche, est le principal agent. C’est Lui
qui doit la guider par la main, comme un guide d’aveugle, jusqu’au but qu’elle est incapable
d’atteindre d’elle-même… Sa grande préoccupation doit donc être de ne pas entraver l’action
de l’Esprit-Saint, son guide”. Jean de la Croix VF B 3,28

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La marche de Jésus représente la lumière divine qui naît dans l’âme, comme le suggère la photo ci-dessous prise à Lyon lors de la fête des Lumières. Auparavant Pierre s’est dessaisi de sa volonté, il s’en remet à Dieu comme un enfant : "sauve-moi !".

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« Mon joug est facile à porter » Mt 11,30

Le joug est l’Esprit d’amour qui travaille dans nos profondeurs et nous unit à Jésus.
Non sans douleur : cet amour envahit nos facultés, les réduit à l’impuissance,
afin que ce ne soit plus nous, mais l’amour du Christ qui vive en nous.

Si nous persévérons sous ce joug, nous reposerons en Dieu car notre âme sera née d’eau et d’esprit.

Nous recevrons la Parole - les onctions d’amour du coeur de Jésus - dans la "chambre" de notre coeur. St Jean de la Croix évoque une connaissance amoureuse, infuse et non pas acquise, dans laquelle « Dieu se communique passivement à l’âme » (MC II 15,2). Tels sont les "mystères du Royaume des cieux" Mt 13,11 que le Père "révèle" aux petits.

"La contemplation pure consiste à recevoir". Jean de la Croix

Jésus est le "tout-petit" par excellence ; il exulte sous l’action du Saint-Esprit ; reçoit la bonté de son Père (jh riche). Il veut nous donner sa place de FILS dans la Trinité afin que nous soyons UN avec le Père : "Nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père, nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler". Lc 10,22