Marthe et Marie : prendre le temps d’accueillir l’Amour

Marthe s’agite. Ce n’est pas qu’une question de stress. Son coeur est inquiet,
sollicité par l’intendance de la maison.

Jésus ne demande pas à Marthe de renoncer à son travail, à ses obligations matérielles.
Le Royaume n’est pas une fuite de nos responsabilités.

Il nous dit qu’au coeur de l’action nous pouvons avoir un coeur qui veille,
un coeur amoureux. Encore faut-il prendre le temps de nourrir cette intimité.

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Commençons par ouvrir notre coeur à l’Amour comme une fleur s’ouvre à la chaleur du soleil. L’Amour de Dieu se fait proche à chaque instant.

Permettons à notre coeur de se réchauffer : adoration eucharistique, recueillement après la communion, promenade dans la nature...

Quand nous laissons l’Amour vivre en nous, nous nous agissons comme des fils/amis, non des serviteurs.

Le fils aîné est au service de son père mais il lui manque l’intimité avec son père ; il n’a pas l’Amour gratuit en lui. De même pour le serviteur qui n’a qu’un talent.

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Inversement, Marie se fait accueil, réceptivité. Elle "écoute" la Parole : l’écoute véritable est agapè, vide de soi pour que l’Amour illumine la profondeur du coeur. "Faites attention à la manière dont vous écoutez". Lc 8,18

Cette communion d’amour la rend libre : dans les activités profanes elle garde son coeur libre pour Dieu, son coeur dans l’Amour. Quand le coeur repose en Dieu, nous l’aimons avec un coeur sans partage (choisir la meilleure part). Les mystiques disent que le démon n’a pas accès au centre de l’âme illuminé par la lumière divine.

Marie est celle qui "met en pratique la parole" Lc 8,21. Parce qu’elle "garde" la Parole,
qu’elle repose en Dieu, elle porte un fruit qui demeure : la charité qui ne
passera jamais 1 Co12,31. Mais en dehors du Christ nous ne pouvons rien faire Jn 15,5 ;
nos actions et notre piété sont pure vanité. Celui qui n’a pas son Amour se fera enlever
même ce qu’il a,
ses bonnes actions et le service des pauvres.

Sainte Thérèse a vécu l’action dans la contemplation

« ... Oh ! que je voudrais me faire magnétiser par Jésus !... Avec quelle douceur je lui ai remis ma volonté ! Oui, je veux qu’il s’empare de mes facultés, de telle sorte que je ne fasse plus des actions humaines et personnelles, mais des actions toutes divines, inspirées et dirigées par l’Esprit d’amour ».

"Je comprends et je sais par expérience que le Royaume de Dieu est au-dedans de nous… Jamais je n’ai entendu parler Jésus mais je sens qu’Il est en moi, à chaque instant ; Il me guide, m’inspire ce que je dois dire ou faire… Je découvre juste au moment où j’en ai besoin des lumières que je n’avais pas encore vues, ce n’est pas le plus souvent pendant mes oraisons qu’elles sont le plus abondantes, c’est plutôt au milieu des occupations de la journée…”

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"Deux femmes seront à moudre ensemble : l’une sera prise, l’autre laissée" Lc 17,35

La ligne de fracture entre les deux femmes ne se situe pas entre l’action et la contemplation. Luc nous dit qu’au coeur de l’action nous pouvons avoir un coeur qui veille, un coeur amoureux, un coeur qui se laisse embraser.