"Moi en eux... pour qu’ils parviennent à l’unité parfaite" Jn 17,23

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Pour Elisabeth de la Trinité, le chemin vers l’unité passe par notre intériorité. Elle écrit à sa mère :

« Nous entrerons au plus intime de nous-mêmes, là où demeurent le Père, le Fils et l’Esprit saint et en eux nous serons tout une ».

A sa soeur : "Continue de communier aux Trois, c’est là le centre où nous nous retrouvons."

"Moi en eux..." Recherchons l’amour de Jésus comme le trésor de notre coeur. Passons du temps avec lui afin que notre âme s’enflamme au feu de son amour.

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La Flamme du Royaume qui s’allume dans nos profondeurs transforme notre rapport au réel. Nous connaissons les autres de manière plus intérieure, sans vouloir nous les accaparer. Notre regard va se modifier : comme Jésus avec Zachée et Mathieu, nous pourrons déceler la graine du Royaume dans les coeurs. Comme le bon samaritain, nous pourrons vivre une communion de coeur à coeur avec les autres.

"Pour le croyant, le monde ne se contemple pas de l’extérieur mais de l’intérieur,
en reconnaissant les liens par lesquels le Père nous a unis à tous les êtres".Laudato si’, 220

Jésus prononce la prière pour l’unité au seuil de sa Passion. De la même manière, l’Eglise devra passer par la "porte étroite" de la désolation et du sacrifice, perdre l’Amour de son Epoux, pour recevoir en plénitude la vie de Dieu, son agapè. Ainsi seront accomplies les noces de Cana : une union intime avec Jésus dans nos coeurs.

marthe 1 - Copie

La Passion de l’Eglise sera le lieu de la Nouvelle Pentecôte, de la contagion de l’amour entre les coeurs. Les fruits de notre vigne sont destinés à toute l’humanité.

Saint Paul écrit qu’au terme de l’histoire nous formerons un seul Homme nouveau (Eph 2,15) comme si l’unité était si forte que nous puissions parler à ce moment-là d’un Homme, alors que l’humanité est faite d’une foule immense de personnes.

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"Au terme de la construction du Corps du Christ, nous devons parvenir, tous ensemble, à ne faire plus qu’un dans la foi et la connaissance de Fils de Dieu, et à consti­tuer cet Homme parfait, dans la force de l’âge, qui réalise la plénitude du Christ" (Eph 4,13).

Ce dessein est présent dès la première page de la Bible. Quand Dieu dit : "Faisons l’adam à notre image", il ne dit pas “Créons monsieur Adam", ni "Créons les hommes mâles". Non, il dit "Créons l’humanité, le genre humain". Le premier homme contenait en lui l’humanité tout entière, c’est-à-dire toutes les âmes à venir. Adam désigne à la fois chaque être humain et toute l’humanité : l’Homme-Humanité. C’est donc toute l’humanité qui est "à l’image de Dieu".
http://biblique.blogspirit.com/archive/2006/09/01/adam-l-humain.html

Les jours du Fils de l’Homme, dont les évangiles suggèrent le caractère dramatique, préparent cette unification. Le Fils de l’homme, dans la Genèse, succède au "fils de la terre" ; il apparaît avec la création de la femme. Dans une perspective eschatologique, le Fils de l’homme manifeste le corps mystique de Jésus, ce corps qui récapitule tous les hommes, dans leur diversité, comme le suggère le montage ci-contre réalisé par des lycéens de Péronne (Somme) en 1982. Son visage est l’agrégation de tous les êtres, de tous les cœurs (cf. Marthe Robin).

Le coeur nouveau est "capacité à Dieu" et "capacité aux autres".

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Dans la Genèse, le fruit consommé représente peut-être une connaissance charnelle, qui s’approprie l’autre. Alors que nous devions parvenir à une connaissance infuse, en laissant circuler l’Amour divin dans nos profondeurs. "L’Amour est lui-même connaissance" (st Grégoire le Grand).

Dans cet amour de charité, notre coeur est comme un cristal dans lequel se reflète tout l’univers créé. Pour St Macaire d’Egype : « Le cœur est un tout petit récipient, mais toutes choses se trouvent contenues en lui. »

"Moi en eux... pour que le monde sache que tu les as aimé".

Les jours du "Fils de l’homme" marquent une étape dramatique dans l’histoire de l’humanité.
Non pas une apparition extraordinaire de Jésus, dans les nuées. Mais plutôt une révélation de
sa présence dans notre humanité. La fin du monde n’est pas la destruction de tout, mais la rencontre
de nous tous avec le Christ, l’illumination de notre âme dans son Amour.

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Le mot « génération » accompagne la manifestation du Fils de l’homme. Cette « génération » est celle qui est contemporaine de Jésus mais aussi celle qui doit accueillir son avènement lorsque les temps seront accomplis. Cette « génération » a pour tâche de mettre au monde Jésus, afin que son image prenne peu à peu forme dans les âmes, la nôtre et celle des autres.

« Daigne m’unir à toi, Vigne Sainte et sacrée
Et mon faible rameau te donnera son fruit
Et je pourrai t’offrir une grappe dorée
Seigneur, dès aujourd’hui.
Cette grappe d’amour, dont les grains sont des âmes
Je n’ai pour la former que ce jour qui s’enfuit
Ah ! donne-moi, Jésus, d’un Apôtre les flammes
Rien que pour aujourd’hui. »
Thérèse de Lisieux, Rien que pour aujourd’hui