« Non pas abolir mais accomplir » : mieux s’aimer pour aimer mieux

Ni meurtre, ni adultère. Jésus reprend les termes de la loi pour la centrer sur le cœur : « Tout homme qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur. » Il nous dit que le mal commence dans nos pensées et nos paroles Mt 15,19.

Alors que la loi ancienne valorisait la pureté extérieure, Jésus nous invite à prendre en compte les pensées tapies dans notre coeur, non pour nous juger, mais pour mieux nous aimer.

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Le Jugement c’est l’Amour : par son Amour Jésus veut sauver tous les hommes Jn 3,17. Sous le Soleil de l’Amour du Père, tout est aimé. Alors n’ayons pas peur de notre humanité.

"Connaissez-vous un homme qui n’ait jamais regardé une femme avec convoitise ? Un seul ? Je pense que tout homme normalement constitué est ou a été adultère par son regard." Arnaud41 sur le forum de La Croix.

"Nous connaissons tous mal notre sexualité, nous sommes tous dépassés par nos pulsions", écrit Marie-Françoise de Billy.

De Michela Marzano, philosophe  : "Freud a bien montré – de façon, je pense, définitive – que la pulsion violente des êtres humains ne pouvait être effacée. C’est en quelque sorte notre moteur d’action. Il ne s’agit donc pas de diaboliser la violence, au sens où elle nous constitue ; elle est profondément humaine et ne peut être éradiquée. II nous faut composer avec elle, la connaître pour la limiter." Psychologies Magazine, mai 2012

Jésus nous propose un chemin d’acceptation, d’humanisation. L’important est de reconnaître
notre incapacité à vivre la chasteté, la non-violence, le pardon. Et de nous laisser aimer.

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Dans cette acceptation nous pourrons aimer les autres comme nous-mêmes,
en partageant leur fragilité.

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Le meurtre ne prend-il pas racine dans une colère qui nous submerge ?
Pourquoi certains se laissent-ils submerger par leurs affects au point de tuer ?

Appel à prendre en compte la complexité et la fragilité de notre équilibre, à ne pas nous désolidariser de ceux qui chutent :

Pape François  : "Chaque fois que je franchis le seuil d’une prison, je me demande toujours : pourquoi eux et pas moi ? Leurs chutes auraient pu être les miennes, je ne me sens pas meilleur que ceux qui sont en face de moi."
(Le nom de Dieu est miséricorde, janvier 2016)

Commentant la parabole de l’oeil et la poutre, saint Augustin écrit qu’au moment de blâmer notre frère, il est bon de nous souvenir que "nous sommes humains", et que la faute qu’il a commise, "nous aurions pu la commettre".

Oui, la conscience de notre humanité et de notre fragilité devrait nous rendre bons, compréhensifs (aimer son prochain comme soi-même).

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« Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux".

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Entrer dans le Royaume signifie laisser l’Amour vivre en nous, dans nos fragilités. Alors nous pourrons pardonner avec le coeur, en partageant la fragilité de celui qui nous a offensé. Nous pardonnerons avec la surabondance du Père.

Les pharisiens condamnent ceux qui commettent des meurtres et adultères mais avant tout ils se condamnent eux-mêmes. Par peur ou par orgueil, ils refusent l’Amour pour eux-mêmes, sont fermés à leur fragilité.

A une soeur de son carmel, Thérèse de Lisieux avait dit : « Ma Sœur, vous voulez de la justice de Dieu, vous aurez de la justice de Dieu. L’âme reçoit exactement ce qu’elle attend de Dieu. »

« Le jugement que vous portez contre les autres, sera porté aussi contre vous » Mt 7,3 :
Le Jugement n’est-il pas notre propre fermeture à l’Amour ? La peur de nous abandonner à Lui ?
Si nous jugeons ceux qui commettent des actes graves, Dieu nous jugera. Ne serait-ce que pour une parole venimeuse.

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