"Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il prenne sa croix... Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie la sauvera". Mc 8,35

Le Royaume n’est pas la vie après la mort ; c’est le déploiement de la vie de Dieu en nous, dès maintenant,
sur cette terre, grâce à la croix. "La souffrance tue quelque chose de nous pour y mettre quelque chose
qui n’est pas nous", dit Marthe Robin.

« Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi ».

Une épreuve (chômage, dépression), un échec, ou plus communément
une déception, de la fatigue, une difficulté à prier, à nous concentrer :

quand nos facultés sont "débranchées", que notre vie semble nous échapper, il ne faut pas
chercher à nous mobiliser coûte que coûte.

Quand le "moi extérieur" cesse d’agir, "l’homme intérieur" 2Co4,16 prend le relais ; la vie de Dieu
dans nos profondeurs peut animer nos facultés (intelligence, mémoire, volonté).

Après un certain temps d’impuissance, dans la nuit, nous sentons vivre notre « centre intérieur »,
et s’allumer en nos cœurs une flamme d’amour qui provient de la vie même de Dieu.

Encore faut-il ouvrir son coeur, non le durcir

"La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents se sont déchaînés, et la maison 
ne s’est pas écroulée car elle avait été fondée sur le roc". Mt 7,27

Ouvrir son cœur, c’est le briser. Pour devenir un cœur de chair, le cœur de pierre doit être brisé (Ezéchiel 11,36), transpercé par un glaive. Saint Jean Eudes nous dit que « le cœur de Jésus fut brisé d’amour pour nous » sur la Croix.

La souffrance vécue avec le cœur libère la flamme d’amour, le « vin nouveau » qui nous unit au Christ ; « C’est la souffrance qui nous rend semblables à Lui », écrit Thérèse de Lisieux LT 173.

C’est dans sa passion, le sacrifice de sa volonté, que Pierre aimera Jésus d’un amour divin ; lors de la rencontre au bord du lac, il ne pouvait aller au-delà de la philia.

"Comme le bois est la pâture du feu, la Croix est la pâture de l’amour". St LM Grignion de Montfort

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De Guy Corneau, psychanalyste québécois :
"Au coeur de chaque épreuve, il y a l’épreuve du coeur. Je veux dire par là que peu importe la difficulté qui nous est donnée à vivre, qu’elle vienne d’une enfance difficile, de la perte d’un être cher, de la dérive d’un enfant que l’on aime, d’une maladie dégénérative, d’un cancer, d’une séparation terrible, d’une catastrophe financière, le défi sera toujours et à chaque fois le même : remettre en question notre identité pour ouvrir notre coeur à ce qui nous est offert par la vie. Plus précisément, je pense que tous les désastres de nos vies visent l’apprentissage de l’amour inconditionnel, l’amour de la vie sans condition, une ouverture joyeuse et amoureuse sans souci pour soi-même."

"Dans la souffrance se cache une force particulière qui rapproche
intérieurement l’homme du Christ, une grâce spéciale. Dans la souffrance
nous devenons des hommes totalement nouveaux". Jean-Paul II, Salvici Doloris (1984)

"Dans nos difficultés, il faut plutôt accepter que vouloir être délivré ; c’est
l’acceptation qui nous délivre. " Elisabeth de la Trinité

Notre abandon dans la souffrance porte du fruit pour le monde

Du père Christian Venard, aumônier militaire :

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"A la suite des saints, je suis persuadé que le Seigneur épure nos coeurs. Il nous prépare pour les missions auxquelles il veut nous envoyer. Nous sommes ses sarments, il nous taille, cela fait mal, mais si nous acceptons nos souffrances, les âmes s’ouvrent autour de nous." (Famille chrétienne 4/1/14)

"Je vois que la souffrance seule peut enfanter les âmes. Plus que jamais, ces sublimes paroles de Jésus me dévoilent leur profondeur : "En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé étant tombé en terre ne vient à mourir, il demeure seul ; mais s’il meurt, il rapporte beaucoup de fruit" (Jn. XII, 24). Si vous avez semé dans les larmes, quelle abondante moisson n’avez-vous pas récoltée ! Vous verrez le fruit de vos travaux et vous reviendrez remplie de joie, portant des gerbes en vos mains. » Thérèse de Lisieux (Ms A 81) .

"C’est lui qui nous mendie cette peine, ces larmes... Il en a besoin pour les âmes, pour notre âme ; il veut nous donner une si belle récompense. Ah ! je vous assure qu’il lui en coûte pour nous abreuver d’amertume, mais il sait que c’est l’unique moyen de nous préparer à le connaître comme il se connaît lui-même, à devenir des dieux nous-mêmes... Bientôt nous vivrons de la vie même de Dieu. Après avoir été abreuvés à la source des amertumes, nous serons désaltérés à la source même de toutes les douceurs". (LT 5)


  • C’est l’amour qui pousse au sacrifice de la volonté (Marthe accepte de souffrir parce qu’elle aime). La souffrance vécue avec le coeur produit un surcroît d’amour (Marthe souffrant était un brasier).

  • Marthe ne s’est pas raidie contre les épreuves, elle les a accueillies