"Il faut passer par des épreuves pour entrer dans le Royaume." Ac 14,22

Créé à l’image de Dieu, l’homme doit parvenir à la ressemblance avec lui :

"Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi." Ga 2,20

Cette Pâque commence sur la terre lorsque nous vivons des situations de souffrance, d’impuissance.

"La souffrance tue quelque chose de nous pour y mettre quelque chose qui n’est pas nous". Marthe Robin

"Dans la souffrance se cache une force particulière qui rapproche
intérieurement l’homme du Christ, une grâce spéciale. Dans la souffrance
nous devenons des hommes totalement nouveaux". Jean-Paul II, Salvici Doloris (1984)

"C’est la souffrance qui nous rend semblables à Lui". Thérèse de Lisieux LT 173

"Jésus ne nous demande point de rechercher la douleur, mais quand elle vient, ne la repoussons pas,
c’est une amie qu’il faut comprendre... l’âme peut en sortir si belle". Marthe Robin

"Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il prenne sa croix... Car celui qui
veut sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie la sauvera
". Mc 8,35

Le Royaume c’est le déploiement de la vie de Dieu en nous.

Une épreuve (chômage, dépression), un sentiment d’échec, ou plus communément de la fatigue, une difficulté à prier, à nous concentrer :

quand nos facultés sont "débranchées", que notre vie semble nous échapper, il ne faut pas chercher à nous mobiliser coûte que coûte.

Quand "l’homme extérieur" cesse d’agir, "l’homme intérieur" 2Co4,16 prend le relais ; la vie de Dieu dans nos profondeurs (= son agapè) peut animer nos facultés (intelligence, mémoire, volonté).

Encore faut-il ouvrir son coeur, non le durcir

"La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents se sont déchaînés, et la maison
ne s’est pas écroulée car elle avait été fondée sur le roc"
. Mt 7,27

Ouvrir son coeur, c’est le briser. Pour devenir un coeur de chair, le coeur de pierre doit être brisé (Ezéchiel 11,36). Cette transformation s’effectue sur la croix, grâce à la croix. Saint Jean Eudes nous dit que « le Cœur de Jésus fut brisé d’amour pour nous » sur la Croix.

La souffrance vécue avec le coeur libère en nous la flamme d’amour, l’agapè. C’est dans sa passion, le sacrifice de sa volonté, que Pierre aimera Jésus d’un amour divin ; lors de la rencontre au bord du lac, il ne pouvait pas aller au-delà de la philia - Jn 21,15.

"Comme le bois est la pâture du feu, la Croix est la pâture de l’amour". St LM Grignion de Montfort

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De Guy Corneau, psychanalyste québécois :
"Au coeur de chaque épreuve, il y a l’épreuve du coeur. Je veux dire par là que peu importe la difficulté qui nous est donnée à vivre, qu’elle vienne d’une enfance difficile, de la perte d’un être cher, de la dérive d’un enfant que l’on aime, d’une maladie dégénérative, d’un cancer, d’une séparation terrible, d’une catastrophe financière, le défi sera toujours et à chaque fois le même : remettre en question notre identité pour ouvrir notre coeur à ce qui nous est offert par la vie. Plus précisément, je pense que tous les désastres de nos vies visent l’apprentissage de l’amour inconditionnel, l’amour de la vie sans condition, une ouverture joyeuse et amoureuse sans souci pour soi-même."

Notre abandon dans la souffrance porte du fruit pour le monde

Du père Christian Venard, aumônier militaire :

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"A la suite des saints, je suis persuadé que le Seigneur épure nos coeurs. Il nous prépare pour les missions auxquelles il veut nous envoyer. Nous sommes ses sarments, il nous taille, cela fait mal, mais si nous acceptons nos souffrances, les âmes s’ouvrent autour de nous." (Famille chrétienne 4/1/14)

"Je vois que la souffrance seule peut enfanter les âmes. Plus que jamais, ces sublimes paroles de Jésus me dévoilent leur profondeur : "En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé étant tombé en terre ne vient à mourir, il demeure seul ; mais s’il meurt, il rapporte beaucoup de fruit" (Jn. XII, 24). Si vous avez semé dans les larmes, quelle abondante moisson n’avez-vous pas récoltée ! Vous verrez le fruit de vos travaux et vous reviendrez remplie de joie, portant des gerbes en vos mains. » Thérèse de Lisieux (Ms A 81) .

"C’est lui qui nous mendie cette peine, ces larmes... Il en a besoin pour les âmes, pour notre âme ; il veut nous donner une si belle récompense. Ah ! je vous assure qu’il lui en coûte pour nous abreuver d’amertume, mais il sait que c’est l’unique moyen de nous préparer à le connaître comme il se connaît lui-même, à devenir des dieux nous-mêmes... Bientôt nous vivrons de la vie même de Dieu. Après avoir été abreuvés à la source des amertumes, nous serons désaltérés à la source même de toutes les douceurs". (LT 5)


  • C’est l’amour qui pousse au sacrifice de la volonté (Marthe accepte de souffrir parce qu’elle aime). La souffrance vécue avec le coeur produit un surcroît d’amour (Marthe souffrant était un brasier).

  • Marthe ne s’est pas raidie contre les épreuves, elle les a accueillies