"Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il prenne sa croix... Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie la sauvera". Mc 8,35

Le Royaume ce n’est pas la vie après la mort ; c’est le déploiement de la vie de Dieu en nous,
dès maintenant, grâce à la croix. "La souffrance tue quelque chose de nous pour y mettre
quelque chose qui n’est pas nous", dit Marthe Robin.

« Ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi ». Ga 2,20

Une épreuve, un échec, ou plus communément une déception,
de la fatigue, une difficulté à prier, à nous concentrer :

Quand nos facultés sont "débranchées", que notre vie semble nous échapper, il ne faut pas
chercher à reprendre la main ; quand nous perdons nos sécurités comme Jacob, "l’homme intérieur" 2Co4,16 prend le relais.

Après un certain temps dans la nuit, nous pourrons comme Pierre avancer en eau profonde :
une flamme d’amour s’allumera en nos coeurs qui provient de la vie même de Dieu.

Encore faut-il ouvrir son cœur, non le durcir.

"Dans nos difficultés, il faut plutôt accepter que vouloir être délivré ;
c’est l’acceptation qui nous délivre." Elisabeth de la Trinité

Quand le vin de l’amour et de la joie fait défaut comme à Cana, essayons d’accueillir ce manque,
cette humiliation, avec un coeur ouvert, un coeur tendre. Après un certain temps dans la nuit,
nous recevrons un amour plus profond, plus intense. Oui, "il faut passer par des épreuves pour entrer
dans le Royaume" Ac 14,22, recevoir une âme "amorisée".

"Dans la souffrance se cache une force particulière qui rapproche intérieurement
l’homme du Christ, une grâce spéciale. Dans la souffrance nous devenons des hommes
totalement nouveaux". Jean-Paul II,Salvici Doloris (1984)

C’est dans sa passion, le sacrifice de sa volonté, que Pierre aimera Jésus d’un amour divin ; 
lors de la rencontre au bord du lac, il ne pouvait aller au-delà de la philia.

C’est à la fin de sa vie, dans la souffrance de sa passion, que l’Eglise produira un "vin nouveau"
qui unira les coeurs au Christ. Ainsi seront accomplies les noces de Cana.

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Pluies et vents se déchaîneront Mt 24,25, emportant l’Eglise de pierre, brisant notre coeur de pierre, mais la maison de notre âme recevra une lumière nouvelle dans ses profondeurs, un "vin nouveau" : "Il y a des endroits de notre cœur qui n’existent pas encore et il faut que la souffrance y pénètre pour qu’ils soient". Léon Bloy


Perdre notre vie, c’est accepter que notre âme soit dépouillée de la vie du Christ, plongée dans la désolation,
afin qu’une Flamme d’amour s’allume dans les coeurs.

Du père Christian Venard, aumônier militaire :

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"A la suite des saints, je suis persuadé que le Seigneur épure nos coeurs. Il nous prépare pour les missions auxquelles il veut nous envoyer. Nous sommes ses sarments, il nous taille, cela fait mal, mais si nous acceptons nos souffrances, les âmes s’ouvrent autour de nous." (Famille chrétienne 4/1/14)

"Souffrons avec amertume, sans courage… Sans tristesse est-ce que l’âme souffrirait !… Et nous voudrions souffrir généreusement, grandement !… Quelle illusion !" LT 89

"C’est lui qui nous mendie cette peine, ces larmes... Il en a besoin pour les âmes, pour notre âme. Ah ! je vous assure qu’il lui en coûte de nous abreuver d’amertume, mais il sait que c’est l’unique moyen de nous préparer à le connaître comme il se connaît lui-même, à devenir des dieux nous-mêmes... Bientôt nous vivrons de la vie même de Dieu. Après avoir été abreuvés à la source des amertumes, nous serons désaltérés à la source même de toutes les douceurs". (Thérèse de Lisieux, LT 5)

"Je donnerais mille vies pour sauver une âme".
"Je vois que la souffrance seule peut enfanter les âmes". Thérèse de Lisieux


  • Marthe accepte de souffrir parce qu’elle aime, elle ouvre son coeur.

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De Guy Corneau, psychanalyste québécois :
"Au coeur de chaque épreuve, il y a l’épreuve du coeur. Je veux dire par là que peu importe la difficulté qui nous est donnée à vivre, qu’elle vienne d’une enfance difficile, de la perte d’un être cher, de la dérive d’un enfant que l’on aime, d’une maladie dégénérative, d’une séparation terrible, d’une catastrophe financière, le défi sera toujours et à chaque fois le même : remettre en question notre identité pour ouvrir notre coeur à ce qui nous est offert par la vie. Plus précisément, je pense que tous les désastres de nos vies visent l’apprentissage de l’amour inconditionnel, l’amour de la vie sans condition, une ouverture joyeuse et amoureuse sans souci pour soi-même."

  • Marthe ne s’est pas raidie contre les épreuves, elle les a accueillies