"Benoît, trisomique, m’a fait comprendre l’amour inconditionnel de Dieu"

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"Au milieu de mes deux frères, je cherchais à être le fils parfait aux yeux de mes parents", se souvient Xavier Nys, prêtre en Wallonie. Une quête de perfection qui le conduira de déception en déception. En 2000, alors qu’il a été ordonné prêtre dix ans plus tôt, le voilà de plus en plus découragé, puis totalement anéanti. "J’avais l’impression que c’était dix ans d’échec absolu. Je pensais m’être trompé." Il demande alors une autre affectation, avec en arrière-pensée l’idée que si cela échoue encore, il quittera le sacerdoce. Tandis qu’il était prêt à partir comme un voleur, un confrère le persuade d’organiser un modeste pot de départ. "A la remise du cadeau, Benoît, un adulte trisomique, s’est approché de moi, il m’a souri et m’a pris dans ses bras. Ce geste m’a touché au plus profond. Il m’a fait comprendre que rien ne peut me séparer de l’amour de Dieu."
(D’après La Croix, 30 mars 2013)

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Désormais curé de la petite cité wallonne d’Ath, non loin de Tournai, et aumônier de Foi et Lumière, X. Nys met l’amour inconditionnel de Dieu au centre de sa prédication :

"Le message de Noël c’est de dire : « l’amour de Dieu est donné ». Et donc, ne cherchez pas à faire des efforts pour le mériter ; c’est quelque chose que l’on doit avant tout accueillir."


Le leitmotiv du père Nys est aussi celui du pape François :

Le salut n’est pas mérité, mais donné — le salut est gratuit —, de sorte que « les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers » (Mt 20, 16). 24/9/17

Dieu aime en premier. Dieu ne nous aime pas parce qu’il y a en nous une quelconque raison qui puisse susciter l’amour. Son amour est inconditionnel. Audience du 14 juin 2017

L’amour de Dieu est gratuit. Il ne nous demande rien en échange ; il demande seulement de l’accueillir. Tweet du 23/6/15

"Le don de Dieu est gratuit, le salut ne s’achète pas" Homélie du 4/11/14

Comment accueillons-nous la tendresse de Dieu ? Est-ce que je me laisse rejoindre par lui, est-ce que je me laisse embrasser, ou bien est-ce que je l’empêche de s’approcher ? ‘‘Mais je cherche le Seigneur’’ – pourrions-nous rétorquer. Toutefois, la chose la plus importante n’est pas de le chercher, mais plutôt de faire en sorte que ce soit lui qui me trouve et qui me caresse avec amour. Voici la question que nous pose l’Enfant par sa seule présence : est-ce que je permets à Dieu de m’aimer ? Homélie de Noël 2014

Burn-out : m’aimes-tu pour ce que je suis, ou ce que je fais ?

Dans La Croix, le père François Buet, médecin et prêtre à Marseille, analyse la blessure profonde qui conduit au burn-out.

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"Il faut distinguer, chez ceux qui souffrent de burn-out, trois profils correspondant à trois manières de faire distinctes qui peuvent conduire à l’épuisement. Ceux qui font les choses dans un souci perfectionniste, ceux qui les font par altruisme, ce qui masque parfois aussi un besoin de reconnaissance inconsciente, et ceux qui les font par obligation de résultat.

Mais dans ces trois profils, la blessure originelle touche toujours à cette idée que la personne n’a pas le sentiment d’être aimée pour ce qu’elle est, mais pour ce qu’elle fait. Elle s’engrène dans une sorte de « machine à acheter de l’amour », qui devient un mécanisme de survie dans son existence. Mais lorsque celui-ci montre ses limites, que la personne en perçoit les impasses, qu’elle s’enferme dans un comportement qui peut être source de péchés, elle comprend alors qu’elle va devoir opérer une « révolution copernicienne » pour lui permettre de vivre et non plus de survivre. Et se persuader que Dieu l’aime pour ce qu’elle est, non ce qu’elle fait."