"Sur votre route proclamez que le Royaume est tout proche" Mt10,7

Ce n’est pas l’annonce verbale qui est privilégiée par Jésus, mais une manière d’entrer en relation avec les autres.

De la crèche à la croix, c’est sous le signe du dénuement que Jésus se présente aux hommes.

Ainsi avec la Samaritaine :

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« [Jésus] n’a pas craint de mendier un peu d’eau à la Samaritaine. Il avait soif… Mais en disant : « Donne-moi à boire », c’était l’amour de sa pauvre créature que le Créateur de l’univers réclamait. Il avait soif d’amour…". Thérèse de Lisieux

Du père Henri Nouwen : "Dieu naît comme un petit bébé... C’est l’histoire de Jésus, qui a besoin des êtres humains pour grandir. Dieu nous dit : "Je veux être faible pour que vous puissiez m’aimer..." Dieu devient un Dieu qui trébuche, qui tombe à l’heure de la croix, qui meurt pour nous, et qui a totalement besoin d’amour. Dieu fait cela pour que nous puissions nous approcher. Le Dieu qui nous aime est un Dieu qui se fait vulnérable, dépendant dans la crèche et dépendant sur la croix, un Dieu qui nous dit, en somme : « Es-tu là pour moi ? ».

A l’image de la vie de Jésus, les disciples en mission vivent une amitié entre pauvres.

« N’emportez ni sac, ni tunique de rechange... mangez ce que l’on vous servira... »
Notre dépouillement appelle la générosité de ceux que nous croisons : un verre d’eau, un sourire...
Ces gestes de bonté ne manifestent-ils pas que le Royaume est tout proche, déjà présent dans la vie des hommes ?

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Aller vers les autres les mains vides, sans idées préconçues, prêt à voir le meilleur en chacun,
comme Jésus qui s’émerveille de l’amour qui anime la Cananéenne et le centurion romain ;
n’implorent-ils pas Jésus pour la guérison d’un proche ?

Le riche de la parabole n’a pas expérimenté cette vulnérabilité. Plus que sa richesse matérielle,
c’est la peur (de l’avenir, des autres) et l’autosuffisance qui constituent son enfer(mement).
Le riche se suffit à lui-même, Lazare dépend des autres et de Dieu.

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La pauvreté n’est pas que matérielle, elle est aussi spirituelle et intérieure. Se délester de nos préjugés, de nos critères d’une vie bonne, pour vivre une amitié entre pauvres, à l’image de François d’Assise. Lorsque des brigands viennent spolier les frères, François demande de leur apporter du bon pain et du bon vin. Alors qu’un animal ou une personne humaine terrifie son entourage, il ose aller pacifiquement à sa rencontre. Même en plein conflit géopolitique, il va vers le sultan sans arrière-pensée prosélyte, fidèle à sa vocation de "frère mineur".

Evangéliser un homme, vois-tu, c’est lui dire : Toi aussi, tu es aimé de Dieu dans le Seigneur Jésus. Et pas seulement lui dire, mais le penser réellement. Et pas seulement le penser, mais se comporter avec cet homme de telle manière qu’il sente et découvre qu’il a en lui quelque chose de sauvé, quelque chose de plus grand et de plus noble que ce qu’il pensait, et qu’il s’éveille ainsi à une nouvelle conscience de soi. C’est cela, lui annoncer la Bonne Nouvelle. Tu ne peux le faire qu’en lui offrant ton amitié. Une amitié réelle, désintéressée, sans condescendance, faite de confiance et d’estime profondes. Eloi Leclerc, Sagesse d’un pauvre

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