Un coeur miséricordieux (François d’Assise et st Isaac le Syrien)

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« Qu’est-ce que la pureté ? C’est un coeur miséricordieux envers toute la nature créée. Qu’est-ce qu’un coeur miséricordieux ? C’est une flamme qui embrase le coeur pour toute la création, pour les hommes, pour les oiseaux, pour les animaux, pour les démons et pour tout être créé. L’homme miséricordieux offre continuellement des prières accompagnées de larmes pour les animaux sans raison, pour les ennemis de la vérité, et pour ceux qui lui ont fait du tort, pour qu’ils soient protégés et obtiennent miséricorde ; car une grande miséricorde remplit son coeur au-delà de toute mesure et le rend semblable à Dieu.
Quel est le signe qu’un homme a atteint la pureté de coeur, et quand sait-il que son coeur est parvenu à la pureté ? Lorsqu’il voit tous les hommes comme bons, et lorsqu’aucun ne lui paraît impur et souillé ; c’est alors qu’il est véritablement pur de coeur. Comment s’accomplirait autrement la parole de l’Apôtre, selon laquelle il nous faut, d’un coeur sincère, considérer les autres comme supérieurs à nous-mêmes (Ph 2,3), si l’on n’est pas arrivé à ce que dit le prophète : "L’oeil bon ne voit pas le mal" (Ha 1,13) ? https://christus.fr/la-purete-du-coeur-isaac-le-syrien/

Un coeur miséricordieux...

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... voit clair à l’intérieur du monde. Il découvre cette souveraine bonté qui est à l’origine de tous les êtres et qui sera un jour tout entière en tous, mais il la voit déjà répandue et épanouie en chaque être. Il participe lui-même à la grande forme de la bonté. Il devient miséricordieux, solaire comme le Père qui fait resplendir son soleil avec la même prodigalité sur les bons et les méchants. Ah, frère Tancrède, que la gloire de Dieu est grande ! Et le monde ruisselle de sa beauté et de sa miséricorde !

- Mais dans le monde, repartit Tancrède, il y a aussi la faute et le mal. Nous ne pouvons pas ne pas les voir. Et, en leur présence, nous n’avons pas le droit de demeurer indifférents. Malheur à nous si, par notre silence ou notre inaction, les méchants s’endurcissent dans leur malice et triomphent !

Nous n’avons pas le droit de demeurer indifférents devant le mal et la faute, reprit François. Mais nous ne devons pas non plus nous irriter ni nous troubler. Notre trouble et notre irritation ne peuvent que gêner la charité en nous-mêmes et dans les autres. Il nous faut apprendre à voir le mal et la faute comme Dieu les voit. Cela précisément est difficile. Car, là où nous voyons naturellement une faute à condamner et à punir, Dieu, lui, voit tout d’abord une détresse à secourir. Le Tout-Puissant est aussi le plus doux des êtres, le plus patient. En Dieu, il n’y a pas la moindre de trace de ressentiment. (...) Tout ce qu’il a créé a des racines si profondes en lui. Il est le plus désarmé de tous les êtres en face de ses créatures. Comme une mère devant son enfant. Là est le secret de cette patience énorme qui parfois nous scandalise (extrait de Sagesse d’un pauvre, Eloi Leclerc).